Véronique Verdier
Artiste plasticienne

Mon travail est un travail poétique, qui redéfinit les notions de limites, de frontières, de liberté, tant dans la forme que dans le fond.

Il interroge l’espace, la forme, le rapport à l’espace.

Une feuille est un espace sur lequel dessiner est comme une danse.

Je laisse aller ma main qui décide d’aller ici ou là avec la couleur, sur l’espace de la feuille.

La dimension du dessin, sa situation sur le support, renouvelle la lecture de ce qu’est l’espace, la dimension. Selon que le dessin soit petit ou très petit, grand ou très grand dans le format de la feuille, là où le sujet est dessiné, le point de vue qui s’offre à voir modifie notre perception, et éveille notre imaginaire.

Les dessins sont effectués rapidement, dans un mouvement énergétique dépourvu de mental, spontanément. Ils sont livrés tels quels, à voir en l'état, sans soucis de perfection, pouvant donner l'impression de non achevé.

Ce qui compte c'est d'être dans une action instantanée, d'exprimer l’énergie qui me traverse au moment où je me trouve devant une feuille de papier.

L'instant décide, d'une couleur, d'un geste, d'un crayon, d'une craie grasse, d'un feutre, d'une image, peu importe l'outil, je suis libre de la forme, du geste, des couleurs, que j'essaie parfois de ne pas même choisir. Je suis toujours prête pour dessiner.

Je cherche l'action pure, le geste premier, comme l'enfant, un état d'innocence, qui me donne la liberté de dessiner selon mon envie du moment.

J'aime être surprise par ce surgissement de l'expression dans l'instant de mon énergie créatrice, que je nomme énergie source, première, originelle, qui induit la liberté et en est même son expression.

Voir au-delà,

Dans un dessin on peut voir l'infini, on peut voir au-delà.

L'espace à l'intérieur de celui-ci est le théâtre, le lieu de passage où s'inscrivent parfois des formes inventées, des couleurs, des graphismes, des objets figuratifs qui donnent au dessin sa dimension, sa profondeur, le point de vue d'où l'on regarde, qui est celui où je me place moi- même pour dessiner.

Il y a du volume dans le dessin ... de l'espace, des espaces infinis que j'arpente, qui mettent en perspective d'autres espaces.

Mon dessin évolue et s'exprime.

Je me libère de la forme et du fond, à l'infini.

C'est dans cet infini que l'on trouve paradoxalement la limite même de mon expression, et que s'inscrivent naturellement dans ce cadre mes dessins.

Aussi dans une synthèse, mon travail, dans une liberté d’expression, interroge l’espace tant dans la forme que dans le fond pour aller au-delà du sens, de la signification. C’est ce que je tente de faire.

 

Véronique Verdier